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CARTOUCHES & CONSOMMABLES

Comment économiser l’encre de son imprimante (sans sacrifier la qualité)

Comment économiser l’encre de son imprimante (sans sacrifier la qualité)

42 euros. C'est ce que j'ai dépensé en cartouches le mois dernier pour imprimer des devoirs, trois recettes de cuisine et une poignée de documents administratifs. Pas de photos en haute résolution, pas de brochures couleur. Juste du quotidien. Et là, je me suis dit : il y a forcément un moyen de faire mieux.

Après pas mal de tests, de réglages et quelques essais ratés, j'ai réussi à diviser mon budget encre par deux sans acheter une nouvelle imprimante. La plupart des astuces prennent 30 secondes à mettre en place. Certaines sont évidentes, d'autres beaucoup moins.

Pourquoi votre imprimante consomme-t-elle autant d'encre ?

Avant de chercher des solutions, ça vaut le coup de comprendre où part l'encre. Parce que spoiler : ce n'est pas que dans vos impressions.

Les imprimantes jet d'encre lancent des cycles de nettoyage automatiques à chaque démarrage. À chaque fois que vous allumez la machine, elle purge un peu d'encre pour déboucher les buses. Si vous allumez et éteignez votre imprimante tous les jours, vous gaspillez de l'encre sans imprimer une seule page. La solution est contre-intuitive : laissez-la allumée. En veille, elle consomme très peu d'électricité, autour de 2 watts.

Les réglages par défaut sont aussi en cause. La plupart des imprimantes sortent d'usine configurées en qualité "normale" ou "standard", qui dépose bien plus d'encre que nécessaire pour un document texte. Les fabricants ont tout intérêt à ce que vous consommiez vite vos cartouches. Ce n'est pas un complot, c'est juste leur modèle économique : l'imprimante est vendue à perte, le bénéfice se fait sur les consommables. Pour mieux comprendre ce mécanisme, notre analyse du coût réel par page détaille les chiffres marque par marque.

Dernier facteur : les impressions inutiles. Combien de fois avez-vous imprimé un mail de 3 lignes sur une page entière avec le logo, le disclaimer juridique et les 14 signatures en bas ? Ou un PDF de 30 pages alors que vous n'aviez besoin que des pages 3 et 7 ?

Quels réglages d'imprimante permettent vraiment d'économiser ?

Le premier réflexe, et le plus efficace : passez en mode brouillon (ou "draft", "économique", "rapide" selon les marques). Sur une Canon PIXMA, allez dans Propriétés de l'imprimante > Qualité > Rapide. Sur Epson, c'est dans Préférences d'impression > Qualité > Brouillon. Sur HP, Paramètres > Qualité d'impression > Brouillon.

La différence est visible, surtout sur les aplats de couleur. Mais pour un document texte noir sur blanc ? Franchement, il faut vraiment chercher pour voir la différence. J'imprime en mode brouillon depuis six mois pour tout ce qui est administratif, et personne ne m'a jamais fait la remarque.

Deuxième réglage : impression en niveaux de gris. Même quand vous imprimez un document "noir", votre imprimante mélange parfois du cyan, du magenta et du jaune pour obtenir un noir plus profond. C'est ce qu'on appelle le noir composite. En forçant l'impression en niveaux de gris (ou "noir uniquement" sur certains modèles), vous ne sollicitez que la cartouche noire. Résultat : vos cartouches couleur durent deux à trois fois plus longtemps.

Troisième réglage, souvent oublié : l'impression recto verso. Ça ne réduit pas directement la consommation d'encre par page, mais ça divise le nombre de pages imprimées par deux. Moins de pages, moins d'encre au total. Si votre imprimante le supporte en automatique, activez-le par défaut. Si c'est manuel, notre guide sur l'impression recto verso explique la marche à suivre selon votre modèle.

Est-ce que changer de police fait vraiment une différence ?

Oui, mais pas autant que ce qu'on lit partout sur Internet.

L'idée circule depuis des années : certaines polices consomment moins d'encre que d'autres. C'est vrai. Une police fine comme Garamond ou Century Gothic utilise entre 15 et 30% moins d'encre qu'une police épaisse comme Arial Black ou Impact. C'est logique : moins de surface couverte, moins d'encre déposée.

En pratique, la différence est réelle mais modeste. Si vous imprimez 200 pages par mois en Garamond au lieu d'Arial, vous économisez peut-être 2 à 3 euros sur le trimestre. C'est toujours ça de pris, mais ce n'est pas la révolution non plus.

Et l'EcoFont, cette fameuse police avec des micro-trous dans les lettres ? J'ai testé. Le rendu est correct à l'écran, un peu granuleux à l'impression. L'économie annoncée de "50%" est du marketing. En conditions réelles, sur mon Epson EcoTank, j'ai mesuré autour de 20-25% d'économie. Pas mal, mais la police est payante (environ 10 euros par an). À ce prix, autant simplement passer en mode brouillon, c'est gratuit et l'effet est comparable.

Comment éviter les impressions inutiles qui plombent le budget ?

L'astuce la plus sous-estimée : l'aperçu avant impression. Ctrl+P, puis regardez ce qui va sortir avant de cliquer sur Imprimer. C'est basique, mais ça évite d'imprimer des pages blanches, des en-têtes inutiles ou des publicités qui se sont glissées dans la mise en page.

Pour les pages web, c'est encore pire. Imprimer une page web directement depuis le navigateur, c'est imprimer les menus, les bannières pub, les sidebars et tout le bazar. Deux alternatives : utilisez le mode lecture de votre navigateur (icône dans la barre d'adresse sur Firefox et Safari) qui ne garde que le texte, ou passez par un outil comme PrintFriendly qui nettoie la page avant impression.

Si vous imprimez des emails ou des documents longs, prenez l'habitude de sélectionner uniquement le texte qui vous intéresse, puis dans la fenêtre d'impression, choisissez "Imprimer la sélection". Sur un PDF, spécifiez les numéros de pages. Ça paraît évident écrit comme ça, mais j'ai vu des gens imprimer des PDF entiers de 50 pages pour un seul paragraphe.

L'option "plusieurs pages par feuille" est aussi très pratique pour les documents de référence. Mettre 2 ou 4 pages sur une seule feuille divise mécaniquement la consommation. Le texte est plus petit, évidemment, mais pour un tableau de révision ou une checklist, ça passe très bien.

Cartouches compatibles, rechargeables ou réservoirs : quel est le vrai bon plan ?

Les réglages, c'est bien. Mais le poste de dépense principal, ça reste la cartouche elle-même. Et là, les options sont plus nombreuses qu'on ne croit.

Les cartouches compatibles (aussi appelées génériques) coûtent 50 à 70% moins cher que les originales. J'utilise des compatibles depuis deux ans sur ma Canon PIXMA et je n'ai eu aucun problème. La qualité d'impression est identique pour du texte, et très légèrement inférieure pour les photos (couleurs un poil moins saturées). Pour un usage bureautique, c'est le meilleur rapport qualité-prix. Notre comparatif compatible vs originale donne plus de détails sur la question.

Les cartouches rechargeables vont encore plus loin. Vous achetez une cartouche réutilisable et des flacons d'encre en vrac. Le coût par page tombe à 1 ou 2 centimes. Le bémol : c'est salissant (prévoyez des gants), il faut un peu de patience, et toutes les imprimantes ne les acceptent pas sans bricolage. Pour ceux qui veulent tenter l'expérience, notre guide pour recharger ses cartouches explique tout le processus.

Et puis il y a les imprimantes à réservoirs (EcoTank chez Epson, MegaTank chez Canon, Ink Tank chez HP). C'est la solution la plus radicale : plus de cartouches du tout, juste des bouteilles d'encre à 8-12 euros qui durent 4 000 à 7 500 pages. L'investissement initial est plus élevé (200-300 euros pour l'imprimante), mais sur deux ans, c'est imbattable. Si vous imprimez plus de 100 pages par mois, le calcul est vite fait. On a d'ailleurs un article complet sur les imprimantes sans cartouche qui compare les modèles actuels.

Les abonnements d'encre type HP Instant Ink, ça vaut le coup ?

HP a lancé Instant Ink il y a quelques années. Le principe : vous payez un forfait mensuel (à partir de 1,99 euros pour 10 pages/mois) et HP vous envoie des cartouches automatiquement quand le niveau est bas. Pas de frais de livraison, et les cartouches sont des XL.

Sur le papier, c'est séduisant. En pratique, c'est plus nuancé. Le forfait est intéressant si votre volume d'impression est régulier et prévisible. Si vous imprimez 50 pages en janvier et 200 en mars, vous allez soit payer pour des pages non utilisées, soit dépasser votre forfait et payer un surplus. Le détail de notre test HP Instant Ink montre les cas où c'est rentable et ceux où ça ne l'est pas.

Le vrai problème d'Instant Ink, à mon avis, c'est le verrouillage. Si vous résiliez l'abonnement, les cartouches installées sont désactivées à distance. Oui, même s'il reste de l'encre dedans. Vous êtes lié au service tant que vous voulez imprimer. Pour certains, ça ne pose aucun souci. Pour d'autres (moi inclus), c'est rédhibitoire.

Quelles erreurs d'entretien font gaspiller de l'encre ?

Lancer un nettoyage de têtes d'impression "au cas où" est la pire chose que vous puissiez faire pour votre budget encre. Chaque cycle de nettoyage consomme une quantité significative d'encre, parfois l'équivalent de plusieurs dizaines de pages. Les fabricants recommandent un nettoyage par mois, mais en réalité, vous n'en avez besoin que quand la qualité d'impression se dégrade visiblement (traits manquants, couleurs qui bavent). Si votre imprimante a des buses bouchées, notre guide de nettoyage des têtes propose des méthodes moins gourmandes en encre que le cycle automatique.

Autre piège : retirer les cartouches trop souvent. À chaque réinstallation, l'imprimante lance un petit cycle de calibrage qui consomme de l'encre. Si vous jonglez entre deux jeux de cartouches (couleur et noir par exemple), chaque permutation a un coût caché.

Un dernier point qu'on oublie souvent : le stockage des cartouches. Une cartouche ouverte et stockée à l'air libre pendant des mois va s'assécher partiellement. L'encre perd en fluidité, les buses se bouchent, votre imprimante risque d'imprimer des pages blanches, et vous finirez par lancer des cycles de nettoyage pour rattraper le coup. Si vous avez des cartouches d'avance, gardez-les dans leur emballage scellé jusqu'au moment de les utiliser.

Combien peut-on vraiment économiser avec toutes ces astuces ?

Faisons un calcul concret. Prenons un foyer qui imprime environ 150 pages par mois avec une imprimante jet d'encre classique.

Sans optimisation, avec des cartouches originales et les réglages par défaut, le coût tourne autour de 8 à 12 centimes par page, soit 12 à 18 euros par mois. Sur un an : 144 à 216 euros.

Avec le mode brouillon + niveaux de gris pour les documents texte (disons 80% de vos impressions) + des cartouches compatibles, on descend à 3 à 5 centimes par page. Soit 4,50 à 7,50 euros par mois. Sur un an : 54 à 90 euros.

Économie annuelle : entre 54 et 162 euros. Et je ne compte pas le papier économisé par le recto verso.

Si vous passez à une imprimante à réservoirs, le coût par page tombe sous les 1 centime. Sur 150 pages par mois, ça fait moins de 1,50 euros par mois en encre. Mais il faut amortir l'achat de l'imprimante, donc c'est rentable surtout si vous gardez la machine 3 ans ou plus.

Le plus rentable, finalement, c'est la combinaison des petits gestes : mode brouillon par défaut, aperçu systématique avant impression, impression en gris pour le texte, et cartouches compatibles. Ça ne coûte rien à mettre en place, ça prend cinq minutes de configuration, et ça divise la facture par deux dès le premier mois.

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